« TOMETTES VAROISES »
~ par Gérard et Fabrice Verdier ~
 

« COLLECTION, QUAND TU NOUS TIENS… »

           Si on m’avait dit un jour que je collectionnerais les carreaux hexagonaux en terre cuite appelés tomettes provençales, j’aurais été fort amusé. Et pourtant…Comment ai-je pu être un jour atteint par ce nouveau virus ?

Il faut vous dire que, dans les années 80, j’étais membre bénévole d’une équipe de fouilles archéologiques et, qu’à ce titre, je participais aux « grattouillages » délicats de la croûte forojulienne (de Fréjus dans le Var). C’est dans les premières couches d’une zone d’épandage ayant servi de décharge de gravats depuis l’antiquité que nous avons dégagé, parmi des débris céramiques divers, quelques malons hexagonaux d’un aspect assez fruste. Ils étaient estampillés sur leur face inférieure d’une marque de fabrique représentant un carré, un rond, une croix, ou un symbole quelconque. Le responsable de la fouille nous indiqua que ces exemplaires trapus, moulés manuellement et dits de « la première génération » dataient du milieu du dix-septième siècle, mais qu’ils étaient encore produits vers la fin du dix-huitième. Les incisions, produites à partir de pochoirs de bois ou de métal, à l’instar des tuiliers de la Rome antique, permettaient une meilleure adhérence au mortier des sols.

Un collègue, fouilleur du dimanche comme moi et captivé par tout ce qui touche à la Provence, m’offrit un échantillon de tomettes trouvées à Salernes, dans le Haut-Var. Certaines, fines, à pâte claire, marquées d’une simple lettre et dites de « la deuxième génération », avaient été produites de la fin du dix-huitième siècle au milieu du dix-neuvième. L’envie me prit alors de prospecter dans ce secteur. Une exploration de masures abandonnées et de tas de gravats permit d’enrichir ma collection naissante de beaux exemplaires. Venaient s’ajouter, entre autres, de nombreux modèles parfaitement calibrés, aux marques plus élégantes et aux graphismes plus explicites, ceux de « la troisième génération », purs produits d’une fabrication industrielle intensive dès le milieu du dix-neuvième siècle. Les noms de céramistes se succédaient, les ateliers aussi : Salernes, Lorgues, Villecroze, Aups, Cotignac, etc…

Je me procurai alors la seule « bible », à ma connaissance, traitant du sujet : le « Premier inventaire des malons provençaux » de Robert LEFFY et Martine SCIALLANO.* C’est d’ailleurs dans ces articles que j’obtins la confirmation suivante : « L’aire de fabrication des malons provençaux semble être limitée aux bassins d’argile ferrugineuse de Marseille, Saint-Zacharie, Orange et Salernes. C’est dans cette dernière région que se concentre l’essentiel de la production ; à Salernes avant tout, puis à Villecroze et Aups. Les potiers de Moustiers Ste-Marie venus dans la région de Salernes auraient été, dit-on, le point de départ de sa vocation ».
M’appuyant sur ce rapport je décidai d’abord de créer une base informatique simple d’utilisation pour ma modeste collection. Je souhaitais y voir figurer des éléments incontournables : photographie de l’exemplaire, description détaillée de l’empreinte, couleur, engobe, dimensions, atelier, céramiste, avec un espace réservé aux commentaires éventuels. La première mouture sortie en 2001 contenait quelques imperfections. « EasyTom », qui vous est présentée aujourd’hui est bien plus élaborée par sa représentation et ses nombreuses possibilités, mais là, il est préférable de céder la parole au « spécialiste » créateur de cette base de données, Fabrice Verdier, qui saura mieux que moi renseigner en termes intelligibles les internautes s’intéressant au sujet.

Reste une tâche importante : une datation plus précise des tomettes les plus récentes et les plus nombreuses, celles de « la troisième génération » évoquée par R.LEFFY et M.SCIALLANO, qui apparaissent au dix-neuvième siècle et se fabriquent encore selon la même méthode avec un procédé mécanique. Pour ce faire, il sera bien utile de s’intéresser aux céramistes répertoriés, de faire des recherches sur leurs entreprises, connaître par exemple les liens pouvant unir telle famille à telle autre. C’est un travail de longue haleine, et il n’est pas interdit d’espérer que des professionnels auront l’amabilité de nous prêter main forte. D’ailleurs, nous invitons toute personne désirant apporter une précision à nous rejoindre sur le site. Nous pourrons ainsi enrichir la rubrique « commentaires », corriger certaines incohérences et ressusciter toute une longue période de productions locales. Les bouteilles à la mer sont lancées !...

Nous tenons à adresser nos remerciements à ceux qui nous ont aidés dans cette enquête : Daniel Brentchaloff, Conservateur honoraire du patrimoine de Fréjus et de Saint-Raphaël, pour ses précieux conseils ; Jean-Claude Budelacci et Baptistin Augibert, « historiens du dimanche » comme nous, pour nous avoir communiqué le fruit de leurs propres trouvailles.

* Bibliographie : Annales du Sud-est Varois, tomes XIII, XV et XVII.

 

LA BASE DE DONNEES EASYTOM

           Avec EasyTom nous souhaitons offrir à nos visiteurs un outil de recherche ergonomique et interactif, « customisable » (sic) par différents filtres.

Outre les rubriques Accueil et En quelques mots, préface nécessaire à la présentation de notre base de données, les internautes disposent, entre autre, des fonctionnalités suivantes pour découvrir le site :

- Tomettes : rubrique qui permet à tout un chacun, à partir d’un numéro de référence, de visualiser un mallon et les informations détaillées qui y sont attachées.

- Recherches : rubrique importante qui permet d’établir une requête par sélection de critères ( atelier, céramiste, période…) et toujours avec diaporama.

- Cartographie : outil interactif pour localiser, en quelques clics sur une carte, tomettes et ateliers (lieu des trouvailles, implantation des ateliers…)

Autre avantage, EasyTom permet la corrélation d’échantillons. Par recoupement des données saisies au fil de l’eau nous pouvons affiner ou rectifier une datation, comparer les productions d’un même céramiste et, pourquoi pas, celles d’une même famille.

Globalement, son objectif est de restituer une vision macroscopique de cet artisanat séculaire.

Les deux dernières options Les news EasyTom et Actualités sont plutôt réservées aux informations diverses et au domaine événementiel : réactions des internautes, rencontres avec des céramistes, photos…Elles ne manqueront pas d’enrichir le site et d’apporter un éclairage nouveau.

Effet inattendu, certains internautes désireux de vendre leurs lots de tomettes sur des sites marchands (Ebay) ont déjà fait quelques liens sur EasyTom.

Ainsi s’achève la présentation d’EasyTom. Comme il se doit, nous restons à l’écoute de vos propositions et de vos remarques. Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une bonne visite.